• The sea at night
    [C'est encore un autre monde, la mer la nuit]

    Le même livre, toujours. Rien ne s'oppose à la nuit comme une promesse, comme une menace, mais mes yeux qui parcourent les pages à chaque rare moment calme. Le titre comme une promesse, parce qu'en fait si, la moindre étincelle s'oppose à la nuit. Je m'oppose à la nuit, malgré le silence, malgré la peur. Le titre comme une menace parce qu'une fois la nuit tombée plus rien ne s'y oppose, une fois la nuit tombée je n'ai plus la force de lui résister. La nuit dedans - la nuit dehors, paradoxal ou non.
    Toujours le même livre et les mêmes mots, le besoin d'équilibre qui m'avait frappée la dernière fois, aujourd'hui c'est un des facteurs déclencheurs. Il faut faire attention.
    Toujours pareil, le livre de sa mère, de sa famille, qui me ramène à moi, qui résonne dans ma famille, dans ma chance, d'avoir malgré tout ce côté de famille qui tient encore ensemble. Toujours les mêmes questions sur l'autre, est-ce que, est-ce que non, le temps passe et je n'avance plus.

    Le même livre, qui commence à s'user. Les mêmes personnes autour de moi, toujours, mais je commence à m'user. J'ignore si c'est moi, si je ne fais pas assez d'efforts - et je n'en fais sûrement pas assez -, si je ne sors pas assez, si je ne dépense pas assez, si je m'isole trop, si
    mais je perds mes amis, je suis en train de perdre mes amis, ça m'affole mais je ne supporte plus ou alors je suis perdue, et incapable de lier de nouvelles vraies relations.
    Et puis je m'inquiète trop, trop pour tout le monde, trop tout le temps, je sens, j'imagine, j'ose espérer que je me trompe.

    Delphine de Vigan et William Blake

    J'ai un nouveau cours de journalisme et je sens bien qu'avoir passé toutes ces années ici m'aide beaucoup, je rédige une texte par semaine et je me sens revivre, un texte en français par semaine, des heures et des heures à chercher la bonne tournure ou le bon synonyme.
    Je ne sais pas où je vais; l'écriture, oui, mais comment ? La traduction ou autre chose, quoi, où, comment. Je m'accroche mais je ne comprends pas tout,  je relis quarante fois Blake et Shelley pour espérer les comprendre, et je ne parle même pas de Gray et de Hemans. Je retiens Tyger, tyger, burning bright / In the forests of the night et la voix de Patti Smith à la fin du cours magistral, j'ai juste besoin de temps, pour imprimer, reprendre, comprendre, mais les premiers partiels se rapprochent.

    C'est comme pour tout. Le tram, la pharmacie, les courses, le chant, la fête, parler devant, les choses plus importantes, écrire. J'ai juste besoin de temps.

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  • J'écris un peu mais je ne suis plus seule dans mon appartement (et c'est un peu petit pour deux) alors je reviendrai plus bavarde quand on vivra dans un vrai appartement.

    Je suis rentrée pour de bon lundi, pour le moment tout s'est bien passé. Et vous ?

    A bientôt ♥


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  • Moi, Malala

    En octobre 2012 au Pakistan, le bus scolaire qui reconduit Malala Yousafzaï est attaquée. La jeune fille reçoit une balle dans la tête. Elle a quinze ans, on veut la tuer parce qu'elle milite pour l'éducation des filles dans son pays alors que les talibans l'interdisent.

    Dans son livre, Malala retrace son parcours, mais aussi celui de sa famille, et particulièrement celui de son père, instituteur et fondateur d'une école, qui a toujours encouragé les filles à aller à l'école. Elle explique l'histoire du Pakistan depuis sa séparation d'avec l'Inde en 1947, elle parle de sa religion, et raconte l'invasion du Swat par les talibans, les combats, la politique, l'exil comme elle les a vécus; tout est très cohérent avec son histoire, c'est un vrai plus et c'est très intéressant pour ceux qui, comme moi, ne connaissent du Pakistan que le nom et la position géographique.

    Malala a commencé à s'engager à onze ans en témoignant sur un blog de la BBC. Aujourd'hui, elle est saine et sauve et vit au Royaume-Uni avec sa famille. Elle a reçu (entre autres) le Prix Nobel de la Paix en 2014.

    Moi, Malala, écrit par Malala en collaboration avec Christina Lamb, est captivant : je ne l'ai pas lâché avant de tomber endormie vers trois heures du matin. C'était une vraie découverte, tant du contexte politique du Pakistan que de sa culture et de ses traditions. J'avais parlé de Malala en terminale, lors d'un exposé sur les héros, et tout le monde avait été intéressé - il faut dire qu'elle est très jeune (elle a seulement un an de plus que moi!) et incroyablement courageuse. Je ne m'attendais pas à apprécier autant une autobiographie mais c'est vraiment très prenant, je vous la conseille !

    Le site de sa fondation : Malala Fund

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  • Ma voiture gronde un peu puis démarre. Devant mon père a les cheveux ébouriffés, mon frère au volant est concentré sur la route et le trajet. Il est vingt-et-une heure et le soleil se couche, il reste un coin de ciel doré-brillant à droite, des fragments des chansons de Véronique Sanson que j'écoute environ six mille fois par jour tournent dans ma tête. Mentalement, j'écris quelques phrases.

    En ce moment j'ai mal partout, dedans et dehors; mes articulations perturbent mon sommeil et il pleut souvent beaucoup à mes réveils. Je me dis qu'il y a des hauts et des bas, mais qu'en cinq ans il y a eu surtout des bas. J'ai beau mettre ça sur le dos de l'adolescence, de l'hiver, de la sensibilité, de la fatigue, parfois je me dis que je ne m'en sortirais pas seule, même si je ne le suis déjà pas. Je pense à tout ce que je m'interdis par peur de déraper - boire de l'alcool, sauter un repas, ne pas dormir du tout, ces choses par lesquelles il me serait facile de me porter atteinte, c'est fou comme je ne me fais pas confiance. 

    En ce moment je ne vois pas trop comment avancer, je suis en pause prolongée par un peu trop d'échecs intérieurs. Je n'en veux plus à personne excepté moi-même, et dans ces jours de bouillonnement je peine à garder un cap. Je devrais rajouter une proposition en mais positive après cette phrase mais je n'ai pas encore trouvé la suite. Peut-être mais j'ai la chance d'avoir J. et mes cousines.

    Mes projets littéraires avancent un peu, lentement, je me découvre une incroyable impatience que tout soit déjà terminé. De rares matins je me réveille avec un scène, des phrases, des vers, un rythme en tête. Je n'ai presque rien écrit depuis un mois, ici comme ailleurs. Je m'acharne tous les soirs, j'écris ici sans jamais publier, j'ouvre des documents, je relis mes notes, j'ouvre mes carnets, en vain. Je jetterai bien mon ordinateur dans un coin mais je ne peux me résoudre à ne pas écrire alors que j'en ai le temps.

    Je repense à cette phrase de Baudelaire, Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas, et cette question de déménagement en est une que je discute sans cesse avec mon âme. J'attends avec impatience la reprise de la folle vie étudiante, et la colocation de septembre avec l'espoir de me sentir enfin bien chez moi, puisque je ne serais ni avec mes parents, ni seule (je suis assez paranoïaque, toute seule).
    Je suis en attente, comme souvent.

    La prochaine fois, c'est promis, je vous parle de livres et pas de moi ♥.

    (J'ai envie de poster une playlist depuis longtemps, mais il se trouve que je n'écoute pas la même chose que le mois dernier alors... Voici une partie de ma playlist actuelle. J'ai hésité à la poster parce qu'elle n'est pas très variée au niveau des artistes mais zut, c'est encore mon blog et je fais ce que j'ai envie ! Alors voilà j'assume, j'écoute quasiment exclusivement Véronique Sanson h24 depuis deux semaines -  au fil des mois j'écoute Zazie puis Benjamin Biolay puis Véronique Sanson et je recommence, c'est weird je sais. Des trois c'est sans doute la dernière qui me fascine le plus, j'aime cette écriture (pas que les mots, musicalement aussi) un peu violente qui me gifle à chaque chanson tellement je kiffe tellement c'est beau - je ris je pleure suivant les chansons. Je sais pas si vous allez aimer, elle a une voix vraiment particulière que je détestais quand j'avais quinze ans, maintenant je pense que c'est un question de sensibilité et de résonance, breef vous avez 1h36 de musique & je me doute que vous n'allez pas écouter plus d'une ou deux chansons, mais moi si !)

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  • Plus jeune, je lisais déjà Daniel Pennac; je me souviens surtout de la série des Kamo (quatre livres en tout) qui était assez palpitante - suffisamment pour moi. J'avais d'ailleurs été marquée par une interview en fin de le livre, où Daniel Pennac expliquait qu'écrivain n'était pas un métier mais une façon d'être.
    J'avais donc déjà lu l'intrigue de Messieurs les enfants dans Kamo et moi (je ne me souvenais pas de la fin, comme d'habitude). Je ne sais pas lequel est le plus ancien, mais la version "adulte" est évidemment beaucoup plus détaillée.

    Daniel Pennac, Messieurs les enfants

    M. Crastaing, horrible professeur de français, donne ce sujet en punition à Igor, Joseph et Nourdine :
    "Vous vous réveillez un matin, et vous constatez que, dans la nuit, vous avez été transformé en adulte. Complètement affolé, vous vous précipitez dans la chambre de vos parents. Ils ont été transformés en enfants.
    Racontez la suite."

    Je ne veux pas vous en dire plus sur l'histoire; la quatrième de couverture ne contient que le sujet de la rédaction, et je pense que c'est une bonne idée car il est assez intriguant. L'ingéniosité du roman tient à l'histoire en elle-même, de l'ordre du fantastique, mais aussi à l'écriture et à la narration (De toute évidence, le narrateur est un personnage du roman. Mais qui ?).
    J'ai beaucoup aimé suivre les aventures de ces trois jeunes issus de milieux familiaux complètement différents, c'est ce qui fait la richesse de ce livre. Les personnages principaux sont attachants mais tout de même distants, sûrement à cause du nombre de personnages importants pour l'histoire, et de la façon dont l'histoire est racontée.
    Un autre point positif, le narrateur prend le temps de poser le décor; l'histoire est véritablement racontée au lecteur, avec le souci qu'il comprenne bien ce qui se passe, ce que l'on ne retrouve pas dans tous les romans. Et puis l'écriture, l'écriture de Daniel Pennac... Il faut en avoir lu (au moins) un dans sa vie !

    J'ai aimé lire Messieurs les enfants et je pense que vous devriez le lire. D'ailleurs vous devriez aussi lire Comme un roman du même auteur, parce que c'est un livre vraiment très intéressant, qui m'a fait comprendre beaucoup de choses sur le rapport à la lecture.

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  • falaises et mer - Normandie ♥


    c'est drôle, je n'arrive pas à écrire ici. je vais. je m'éparpille. les écrans endorment mon cerveau, je crois bien.
    juste le temps de me rassembler, de me reconnecter avec moi-même et de me déconnecter un peu du reste,
    je reviens

     

    [qui a dit une phrase commence par une majuscule et se termine par un point ? #Breaktherules]
    le titre, c'est des vers d'Apollinaire (le poème ici), j'aime j'aime leur rythme

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    ça va aller mieux
    ça va aller mieux

    vous savez, il faut que je détecte tout ce qui ne va pas
    tout ce qu'il faut changer
    tout ce qu'il faut améliorer
    tout ce qui reste à guérir

    je découvre de nouveaux mots, comme
    hypersensibilité
    résilience

    je regarde Loïe Fuller et Isadora Duncan danser
    j'écoute Benjamin Biolay puis Ushavtem Mayim et d'autres airs yiddish des concerts de mon enfance avec Flora puis j'écoute Lara Fabian
    je rêve théâtre je rêve mise en scène et prochain spectacle de Noël
    je rêve l'écriture je me répète We can still talk sans savoir d'où ça vient
    j'hésite et je peine à écrire mon témoignage de baptême

    j'ai envie de vous parler de poésie quotidienne, c'est un beau concept qui vient de me traverser l'esprit
    j'ai envie de vous parler du dernier Foenkinos que j'ai lu hier,
    de relire Charlotte et de vous en reparler
    de vous parler vie étudiante on my own, et amitié toxique

    il y aura d'autres tempêtes, d'autres noyades mais pour l'heure
    ça va aller mieux,
    ça va aller mieux.

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