• 05.10.2017

    The sea at night
    [C'est encore un autre monde, la mer la nuit]

    Le même livre, toujours. Rien ne s'oppose à la nuit comme une promesse, comme une menace, mais mes yeux qui parcourent les pages à chaque rare moment calme. Le titre comme une promesse, parce qu'en fait si, la moindre étincelle s'oppose à la nuit. Je m'oppose à la nuit, malgré le silence, malgré la peur. Le titre comme une menace parce qu'une fois la nuit tombée plus rien ne s'y oppose, une fois la nuit tombée je n'ai plus la force de lui résister. La nuit dedans - la nuit dehors, paradoxal ou non.
    Toujours le même livre et les mêmes mots, le besoin d'équilibre qui m'avait frappée la dernière fois, aujourd'hui c'est un des facteurs déclencheurs. Il faut faire attention.
    Toujours pareil, le livre de sa mère, de sa famille, qui me ramène à moi, qui résonne dans ma famille, dans ma chance, d'avoir malgré tout ce côté de famille qui tient encore ensemble. Toujours les mêmes questions sur l'autre, est-ce que, est-ce que non, le temps passe et je n'avance plus.

    Le même livre, qui commence à s'user. Les mêmes personnes autour de moi, toujours, mais je commence à m'user. J'ignore si c'est moi, si je ne fais pas assez d'efforts - et je n'en fais sûrement pas assez -, si je ne sors pas assez, si je ne dépense pas assez, si je m'isole trop, si
    mais je perds mes amis, je suis en train de perdre mes amis, ça m'affole mais je ne supporte plus ou alors je suis perdue, et incapable de lier de nouvelles vraies relations.
    Et puis je m'inquiète trop, trop pour tout le monde, trop tout le temps, je sens, j'imagine, j'ose espérer que je me trompe.

    Delphine de Vigan et William Blake

    J'ai un nouveau cours de journalisme et je sens bien qu'avoir passé toutes ces années ici m'aide beaucoup, je rédige une texte par semaine et je me sens revivre, un texte en français par semaine, des heures et des heures à chercher la bonne tournure ou le bon synonyme.
    Je ne sais pas où je vais; l'écriture, oui, mais comment ? La traduction ou autre chose, quoi, où, comment. Je m'accroche mais je ne comprends pas tout,  je relis quarante fois Blake et Shelley pour espérer les comprendre, et je ne parle même pas de Gray et de Hemans. Je retiens Tyger, tyger, burning bright / In the forests of the night et la voix de Patti Smith à la fin du cours magistral, j'ai juste besoin de temps, pour imprimer, reprendre, comprendre, mais les premiers partiels se rapprochent.

    C'est comme pour tout. Le tram, la pharmacie, les courses, le chant, la fête, parler devant, les choses plus importantes, écrire. J'ai juste besoin de temps.

    « 19.09.17
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